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Capacity Strengthening

Conclusion de la 7e édition francophone de l’Académie d’été de Nuremberg pour jeunes professionnel.le.s


10 August 2026 - 14 August 2026

Bärenschanzstrasse 72, 90429 Nuremberg

Du 10 au 14 août 2026, s’est tenue la 7e Académie d’été de Nuremberg pour jeunes professionnel.le.s, édition francophone, et, pour la première fois depuis 2019, celle-ci s’est tenue en présentiel à Nuremberg. Ce programme phare de l’Académie de Nuremberg reflète une réalité fondamentale de la justice pénale internationale contemporaine : si les tribunaux internationaux restent indispensables, c'est aux systèmes judiciaires nationaux qu'incombe, pour une large part, la responsabilité d'enquêter sur les crimes internationaux et d'en poursuivre les auteurs.

L’Académie d’été de Nuremberg, qui a pour objectif de renforcer les capacités nationales en matière d'enquêtes et de poursuites et de jugement des crimes internationaux, a réuni de jeunes avocat.e.s, procureur.e.s, juges, universitaires et autres professionnel.le.s du droit issus de pays en conflit, en sortie de conflit ou disposant de ressources limitées. Le programme permet d’approfondir leurs connaissances sur les aspects matériels et procéduraux du droit pénal international. La semaine de formation a rassemblé 14 participant.e.s venu.e.s de la Bolivie, du Burkina Faso, du Cameroun, du Cap-Vert, de la Côte d'Ivoire, du Liban, de la République centrafricaine, de la République Démocratique du Congo et du Tchad. La diversité de la promotion a fait des échanges entre pairs un élément essentiel du processus d'apprentissage, permettant aux participant.e.s de comparer la manière dont des défis similaires se posent dans des contextes juridiques et institutionnels nationaux différents.

Pour la première fois, l’Académie d’été s’est déroulée dans un format hybride : les participant.e.s ont d’abord suivi, sur trois mois, un cours en ligne conçu pour leur permettre d’acquérir les connaissances fondamentales en droit international pénal. Le programme en présentiel a ensuite changé d’orientation et a placé les participant.e.s dans la peau de praticien.ne.s confronté.e.s aux différentes étapes et perspectives d’une affaire pénale internationale. À travers des études de cas, des exercices de groupe et des simulations, les participant.e.s ont examiné comment les allégations de crimes internationaux se traduisent en stratégies de poursuite, comment les avocats de la défense contestent ces stratégies et préservent les garanties d’un procès équitable, comment les droits et les besoins des victimes sont pris en compte, et comment la coopération internationale et les cadres juridiques nationaux façonnent les perspectives en matière de responsabilité. La semaine s’est achevée par un procès simulé au cours duquel les participant.e.s ont synthétisé les questions de fond, de preuve et de procédure abordées tout au long du programme, en testant les arguments juridiques sous différents angles propres à la salle d’audience.

Cette année, les sessions étaient encadrées par les expert.e.s suivant.e.s :

  • Viviane Dittrich, Académie de Nuremberg, a donné un discours d’ouverture sur les défis actuels de la justice pénale internationale,
  • Me Jean-Jacques Badibanga, Cour pénale internationale, construire un dossier d'accusation : enquête et poursuite des crimes internationaux,
  • Me Marie-Hélène Proulx, 33 Bedford Row, construire une défense : la protection du droit à un procès équitable,
  • Me Soraya Brikci, Cour pénale internationale, la protection des droits des victimes,
  • Rosine Bela Eyebe, MINUSCA, enquêter et poursuivre les violences sexuelles et basées sur le genre et les crimes commis contre les enfants,
  • Dahirou Sant-Anna, Cour pénale internationale, la coopération internationale et l’assistance judiciaire,
  • Volker Nerlich, Cour pénale internationale, poursuivre les crimes internationaux au niveau national.

Tout au long de cette semaine en présentiel, les participant.e.s ont été amené.e.s à réfléchir aux liens entre les défis actuels de la justice pénale internationale et ses fondements historiques, grâce aux visites du Mémorial des procès de Nuremberg et à sa salle d’audience historique 600 et du Mémorial du camp de concentration de Dachau. Ces visites ont permis de replacer les débats actuels dans leur contexte historique, invitant les participant.e.s à réfléchir à l'évolution de la justice pénale internationale, depuis les procès d'après-guerre de Nuremberg jusqu'aux cadres juridiques et institutionnels dans lesquels elle s'inscrit aujourd'hui.

Tout au long de la semaine, un message a résonné à travers les sessions, les exercices et les échanges informels : l’avenir de la justice pénale internationale dépend de plus en plus de juridictions nationales solides. Cela reflète un principe fondamental du système du Statut de Rome, selon lequel la CPI vient en complément des juridictions pénales nationales, les États ayant la responsabilité première d’enquêter sur les crimes internationaux et d’en poursuivre les auteur.rice.s. Le renforcement des connaissances, des compétences et des réseaux de praticien.ne.s nationaux n’est donc pas accessoire à la justice pénale internationale ; il est au cœur même de la mise en œuvre concrète de la responsabilité pénale. La promotion de cette année a reflété cette réalité : les 14 professionnel.le.s du droit sont retourné.e.s dans leurs juridictions respectives non seulement avec une compréhension plus approfondie du droit international pénal, mais aussi avec un réseau de pairs confrontés à des défis similaires et poursuivant des objectifs communs.

L’appel à candidatures pour la prochaine édition de l’Académie d’été ouvrira en décembre. De plus amples informations sur la procédure de candidature et le programme à venir seront publiées sur le site web de l’Académie et sur ses réseaux sociaux. Pour plus d’informations sur l’Académie d’été de Nuremberg, veuillez cliquer ici. (ec)

 

Focus Area

Strengthening Jurisdiction